José Lozada est ingénieur chercheur au CEA. Après un master en robotique à l'ENS de Cachan, puis une thèse en collaboration avec le Laboratoire des Interfaces Sensorielles du CEA et le Laboratoire de Mécanique des Solides de l'Ecole Polytechnique, il a rejoint le Laboratoire d'Interfaces Sensorielles du CEA en tant que porteur de projet.
Ce que je trouve intéressant dans mon thème de recherche, c'est qu'on ne travaille pas seulement sur le système, mais justement sur l'interaction. C'est très compliqué, puisque malgré certains traits communs, chaque personne réagit différemment face à une interface.
Plus que l'influence de l'être humain sur le système, c'est l'influence du système sur l'être humain qui importe, aussi bien dans la conception que dans la réalisation du système.
C'est un thème de recherche très large, parce que ce n'est pas seulement de l'informatique ou de la technologie, mais il y a aussi tout le côté ergonomie, physiologie, psychologie.
Et en ce qui concerne votre projet au sein de Digiteo ?
La présentation que je vais faire au forum Digiteo porte essentiellement sur les travaux de ma thèse, débutée en 2004. L'objectif était alors de faire un piano numérique avec un touché réaliste, proche du piano à queue.
Nous avons eu ensuite deux objectifs principaux : d'abord comprendre comment marche un piano à queue, pour pouvoir créer le modèle virtuel ; et ensuite réaliser un clavier, avec un système de retour de force suffisament performant, compact et précis pour rendre ce comportement.
Ce projet se poursuit d'ailleurs actuellement dans le cadre du projet « Pianoteo », dont les partenaires sont le LMS, et le CEA LIST. Le LMS s'intéresse au fonctionnement du piano, ainsi qu'à sa simulation numérique, et au CEA on s'intéresse plus à l'interface, au système haptique et au contrôle.
Le projet va avancer progressivement dans ces deux directions, sa dernière phase permettra d'implémenter et de lier les résultats entre eux pour que tout fonctionne ensemble.
Comment envisagez-vous le Digiteo Annual Forum du 2 octobre ?
Mon objectif premier est de communiquer, de parler des résultats, de montrer ce que l'on fait. Et qui sait, on peut toujours trouver une collaboration intéressante.
C'est aussi l'occasion pour moi de mieux percevoir ce qu'est Digiteo, qui est impliqué dans le réseau et comment collaborer avec les autres.
Quelles sont vos attentes vis-à-vis du réseau ?
La labellisation du projet « Pianoteo » nous a permis de bénéficier d'un financement spécifique, et donc de continuer une collaboration que l'on menait depuis des années. C'est important pour nous parce qu'il y a eu des brevets déposés et qu'on n'avait pas envie de rester à la moitié du chemin.
En ce qui concerne l'avenir du réseau, j'ai eu l'occasion de voir les plans des futurs bâtiments, et nous sommes assez mélangés, ce qui est très positif ! Si on se retrouve à la pause café par exemple, on aura la possibilité de discuter avec les gens et c'est comme ça que les idées émergent, c'est comme ça que les collaborations naissent !
Et ce que j'attends aussi du réseau, c'est qu'il nous apporte une visibilité internationale. Car comme on le dit souvent, il faut avoir une certaine « masse critique » pour cela.
Enfin, ce qui est le plus intéressant, c'est d'avoir regroupé dans un même ensemble beaucoup de compétences complémentaires et où il n'y a pas de concurrence, a priori... De fait, il n'y a rien de mieux pour pouvoir élaborer des collaborations solides.
Interview réalisée le 08/09/2008.